Centre d’étude et de pratique du bouddhisme tibétain de Montchardon

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La controverse des Karmapas

A Karma Migyur Ling, centre de Montchardon, nous sommes disciples du 17e Karmapa Trinley Thayé Dordjé.

Nous avons confiance dans la démarche des maitres spirituels authentiques, et particulièrement, dans celle du 14e Shamarpa Mipham Chokyi Lodreu. C’est le 14e Shamarpa qui a mené à son fruit la longue et prudente recherche qui permit de retrouver Trinley Thayé Dordjé dans le Lhassa du Tibet occupé, depuis les premiers indices en 1986, jusqu’à l’annonce publique de janvier 1994.

Il est bon de rappeler que la lignée des Shamarpa est comme un miroir de celle des Karmapa à la tête de l’école Karma Kagyu. En voici quelques témoignages historiques :

...Ainsi, dans l’histoire du bouddhisme tibétain, le 1er Shamarpa est le deuxième lama incarné. Parce que son nom signifie "la coiffe rouge" (sha : coiffe ; mar : rouge), il est parfois appelé le " Lama à la Coiffe Rouge ", tandis que le Karmapa est mentionné comme " le Lama à la Coiffe Noire " " (sha : coiffe ; nag : noire).

Le 2e Karmapa, Karma Pakshi, a prédit que " à l’avenir les Karmapas se manifesteront sous deux formes." Cette déclaration a été clarifiée plus tard par le 4e Karmapa, Rolpé Dorje, quand il a désigné le Shamarpa comme la deuxième manifestation. Rangjung Dorje, le 3e Karmapa, présenta à son disciple principal, Khédrup Dragpa Sengé, une coiffe rouge rubis lui conférant le titre de Shamarpa (le Détenteur de la Coiffe Rouge). Cette Coiffe Rouge est une réplique exacte de la Coiffe Noire portée par le Karmapa et illustre le rapport étroit qui existe entre ces deux lignes de tulkous.

Le 8e Sitoupa, Sitou Chokyi Jungnay dit dans son autobiographie "le Clair Miroir de Cristal" (page 32, ligne 3 dans l’édition de Dr Lokesh Chandra) que " le Karmapa et le Shamarpa ont un statut égal et ceci est indiqué par le fait que leurs trônes dans le temple sont semblables et ont la même hauteur "....

Depuis lors, les Karmapas successifs et les Shamarpas ont travaillé conjointement pour propager le Dharma. En effet, suite à ce leadership, la lignée Karma Kagyu était l’école la plus en vue du bouddhisme tibétain jusqu’au temps du 10e Karmapa, Choying Dorje (1604-1674), époque à laquelle la lignée a été réprimée et a subi un long déclin.

Pendant ces siècles de déclin, les Karmapas et Shamarpas à tour de rôle ont permis de brefs renouveaux de la lignée Karma Kagyu et ils ont transmis ses enseignements et ses traditions.

(En 1792), le gouvernement tibétain (sous la direction du Dalaï Lama) accusa (le 10 ème) Shamarpa de la débâcle politique et militaire tibétaine et par vengeance, interdit l’intronisation des tulkous du Shamarpa et confisqua le Monastère Yangpachen (siège du Shamarpa), pour l’inclure dans la tradition Gelugpa.

En 1992, le Sitoupa actuel a imposé un autre Karmapa, Orgyen Trinley Dordje, avec l’aval du 14e Dalaï Lama.

Lama Teunsang, directeur spirituel du centre de Montchardon, a toujours insisté sur la nécessité de la pratique de chacune et chacun, sans se laisser distraire ou déstabiliser par les évènements de la manifestation illusoire.

Pendant plusieurs années, il a refusé de prendre position sur l’ "authenticité" de tel ou tel Karmapa, Karmapa qui par sa nature n’a nul besoin d’être "reconnu" par qui que ce soit, y compris le Dalaï Lama.

Ce n’est qu’au fil du temps, de concert avec Lama Guendune Rinpoché, qui fut directeur spirituel du monastère du Bost, et Lama Jigméla, désigné par le 16e Karmapa comme étant son représentant pour l’Europe, que Lama Teunsang a clairement indiqué à ses disciples que Trinlay Thayé Dorjé était le 17e Karmapa.

D’un côté, il y avait la démarche prudente du 14e Shamarpa, qui, adoptant un profil bas, avait réussi à faire sortir normalement Trinlay Thayé Dorje du Tibet sans attirer l’attention des Chinois. Après cela, le Shamarpa avait simplement fait ce qu’il fallait faire pour que Trinlay Thayé Dorjé puisse manifester son activité en tant que 17e Karmapa.

De l’autre côté, il y avait tout un tissu de mensonges, falsifications, violences à plusieurs reprises, calomnies, jusques et y compris en France, à l’égard de ceux qui n’étaient pas les partisans d’ Orgyen Trinley Dorje.

Devant cet état de fait, c’est avec tristesse que nous nous sommes résignés à présenter ce que nous savons sur tous ces évènements. Simplement, nous le faisons un peu à l’écart dans montchardon.org. Nous vous proposons plusieurs sources pour vous permettre de comprendre le point de vue des disciples du 17e Karmapa Trinley Thayé Dordjé :

La première "Au-delà de la controverse des Karmapas, histoire et contexte" par Jean-Pierre Schnetzler, président d’ honneur du centre, donne un résumé bref, mais complet des points importants de ces évènements

La deuxième est un site complet. Originellement, ce site à été mis en ligne vers mars 2002 par la Fédération des Centres Karma-Kagyu de France, rassemblement des centres qui reconnaissent le Karmapa Thayé Dorjé : de ce fait, il était bilingue français-anglais. Mais, courant 2003, ce site à été confié à une équipe sous la direction du Shamarpa. Le site été entièrement remanié, et est devenu entièrement anglophone à http://www.karmapa-issue.org. Une version originale bilingue français-anglais "à l’état brut" de ce site existe en dehors de toute organisation sur http://karmapa.controverse.free.fr/. Ce site couvre les évènements jusqu’en 2001 environ. Son intérêt principal est de permettre à toute personne intéressée de trouver un historique, que nous croyons fidèle, de ce qui s’est vraiment passé. Il est possible de télécharger la totalité du site en format pdf pour une consultation hors connexion.

La troisième est constituée de quelques pages présentes dans la périphérie du site de Dhagpo, siège du Karmapa pour l’ Europe.